par | Déc 5, 2017 | Blog | 0 commentaires

Uber ne sera plus dans 5 ans

Décidément Uber est au centre des débats sur la nouvelle économie.
Dans le seul journal Le Monde pas moins de 5 articles et tribunes en 1 mois consacrées à la start up devenue une méga plateforme du transport VTC.

D’abord, il y a la révélation des entourloupes et manquent d’Uber en matière de sécurité des données ou de pratiques sexistes, puis des points de vue polémiques sur Uber ne fait pas partie de l’économie collaborative, Uber accomplit le rêve socialiste, ce à quoi Aurelien Acquier (professeur à l’ESCP Europe) répond non Travis Kalanick – le fondateur d’Uber depuis viré par le CA – est un libertarien. Enfin il a la prophétie de Steven Hill, spécialiste de l’économie du partage, qui nous apprend qu’ « Il est très possible qu’Uber ne soit plus là dans cinq ans”.

L’information la plus surprenante dans l’interview de Steven Hill est que une course VTC est plus subventionnée que les transports en commu public.

“Subventionnée” entre guillemets bien entendu, puisque ni Uber ni les chauffeurs de VTC ne touchent d’argent public pour combler un déficit d’exploitation. En réalité ce sont les investisseurs lors des augmentations de capital auxquelles ils ont souscrit, qui ont sciemment accepté de devenir les subventionneurs privés des courses de VTC. Et à hauteur de 50% s’il vous plait.

Ceci nous révèle un des mécanismes fondamentaux de l’économie numérique émergente : le but est d’acquérir rapidement une position dominante en réunissant une très large communauté d’utilisateurs qui devenus captifs vont être la base et non la source directe d’un modèle de revenu non encore connu. Google, Facebook, Twitter, etc rende un service gratuit à leurs utilisateurs et pour les deux premiers leur taille leur permet de transférer le modèle économique classique à l’économie en ligne : la pub. Plus difficile pour le relativement petit Twitter. Ce qui a finit par donner l’aphorisme : “Quand c’est gratuit c’est toi le produit”.

Pour Uber les choses sont plus compliqués, l’entreprise est plus proche d’Amazon que de Google. Tout n’est pas dématérialisé comme pour le moteur de recherche. Et même encore moins que pour Amazon nous rappelle Steven Hill. Amazon économisait sur les librairies en dur, Uber a toujours besoin des voitures et des chauffeurs. Il fait juste une économie d’échelle sur la forme et la taille de la centrale de réservation. D’où la nécessité de subventionner les courses pour faire la course en tête sur l’acquisition d’utilisateurs et le limogeage de son fondateur pour incapacité à trouver un modèle de revenu viable avant épuisement des capitaux investis.

Rédigé par Patrick Le Camus

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