Les plateformes de crowdfunding s’étendent en Europe

par | Mai 4, 2018 | Blog | 0 commentaires

En mars dernier, la Commission européenne a dévoilé son plan d’action pour faciliter l’essor des startups de la finance. Parmi les mesures phares, la création d’un passeport européen pour les plateformes de crowdfunding est accueillie avec enthousiasme par les acteurs du secteur.
En France, malgré l’impressionnante croissance du secteur (+44 % de fonds collectés en 2017 pour un montant de 336 millions d’euros), la taille du marché reste trop limitée pour permettre aux plateformes d’être rentables. Pour elles, il est donc logique d’imaginer continuer leur développement au-delà de leur pays d’origine. Les réglementations nationales sont en effet très variables d’un État à l’autre.

Un passeport européen

 

La Commission européenne s’est alors emparée de cette problématique. Dans son projet de loi présenté en mars dernier, elle prévoit des actions pour faciliter les démarches pour les plateformes de financement participatif (autre que celui sous forme de don ou contre récompense) qui souhaitent réaliser des campagnes transnationales en Europe.
Avec ce nouveau règlement, les plateformes sont en effet toutes soumises aux mêmes exigences, avec l’Autorité Européenne des Marchés Financiers en garante de leur surveillance.
Concrètement, les plateformes qui le souhaitent pourront faire la demande d’un agrément européen qui leur permettra de s’implanter facilement dans d’autres pays européens. Les difficultés administratives seront ainsi largement réduites.
Ce règlement est aussi une bonne nouvelle pour le dynamisme du marché européen : il devrait inciter les pays les moins avancés en termes de financement participatif à s’ouvrir davantage. De quoi imaginer une montée en puissance du crowdfunding dans l’Union européenne, pour le moment à la traine par rapport à d’autres régions du monde, notamment l’Amérique du Nord.
Cependant, cela ne se fera pas sans une augmentation de la capacité d’intervention des plateformes. En France, elle est limitée actuellement à 2,5 millions d’euros en France, empêchant les plateformes de s’adresser aux grandes et très grandes entreprises.
L’association Finance Participative France a ainsi demandé aux autorités françaises un assouplissement de la régulation pour être en mesure d’accompagner des projets d’entreprise allant jusqu’à 8 millions d’euros. Avec le passeport européen, la problématique est la même : le montant autorisé est seulement de 1 million d’euros par levée sur 12 mois pour les offres individuelles de financement sur les plateformes. Ce plafond, particulièrement bas, correspond à la vision de la Commission qui restreint l’intérêt du financement participatif aux startups et petites entreprises.
Rédigé par Romain Cestari

 

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