2. Les communautés

Une autre tendance forte du crowdfunding est le communautarisme. Cela s’inscrit dans la ligné du temps des tribus comme Michel Maffesoli nous l’a présenté il y a vingt ans et qui reste toujours très représentatif des cultures occidentales. Aujourd’hui agrémentées de technologie, ces communautés se dessinent autour de communautés virtuelles formant une nouvelle ère de réseaux. Le rassemblement des communautés et tribus est possible grâce à l’ouverture d’un espace de dialogues, de rencontres virtuelles, autour de centres d’intérêts partagés. L’on observe de plus en plus une organisation de ces communautés qui dans leurs interactions vont mener à bien des projets externalisés en crowdsourcing.

  • De nouvelles tendances communautaires sont perceptibles dans le financement participatif. Ainsi la spécialisation des plateformes répond souvent à ce besoin de regroupement puisqu’elles choisissent une thématique forte et cibles souvent une communauté bien précise : technologie / arts / audiovisuel / développement durable / Humanitaire / Petites et Moyennes Entreprises / jeux, se démarquant au passage des autres concurrents.
  • Chez les porteurs de projets, la levée de la « love money » l’argent provenant de la famille, des amis et des proches constituent un facteur extrêmement important pour lancer le projet vers un financement réussi. Cependant, souvent cela ne suffit pas pour les projets plus ambitieux, ainsi disposer de l’appui d’une communauté est indéniablement un très gros avantage pour réussir sa campagne de levé de fond. En témoigne les projets dits « Geeks » qui réussissent très souvent leurs levés de fond grâce à l’entraide et à la participation de la communauté. Un exemple connue est celui du film : NOOB, qui reste le projet le plus financé (681 046 € récolté sur 35 000 € demandé : + 1 945 %) sur le premier site de financement participatif européen Ulule. Ainsi les projets technologiques, de jeux, de design bénéficient des communautés les plus actives sur le web et sont donc, par ce fait, plus susceptibles de mener à bien, même à grande échelle, leurs campagnes de levée de fond.
  • L’appui indéniable des communautés peut être bien sur intégrer, comme des poupées russes, dans des couches successives d’appartenances. Ainsi les notions de territoire, de communauté peuvent intégrer d’autres éléments de l’ordre des croyances. Cela est par exemple le cas de la très performante plateforme Ourcrowd qui, basée en Israel, intègre à sa démarche une représentation identitaire forte, avec une dimension territoriale, une dimension communautaire car spécialisé dans les start-up, et une dimension religieuse en l’occurrence juive. Elle semble tirer son épingle du jeu avec ce triple positionnement spatio-temporel.

Il devient de ce fait intéressant de creuser le rapport du financement participatif avec les croyances individuelles.  (……) A Suivre (……)