1. Le territoire

Très vérifiable par les chiffres du financement participatif (cf. rapport de la commission européen réalisé par l’université de cambridge 2015), la question du territoire est encore un élément clef dans le processus décisionnel. En effet, la transversalité du financement de projets internationaux via le crowdfunding est très limitée. D’un pays à un autre il est rare qu’un projet trouve des investisseurs étrangers. En quoi le territoire peut définir le cadre d’ouverture au financement participatif ?

  • Le territoire est un vecteur d’empathie qui pousse à l’action d’entraide mais seulement dans son cercle d’appartenance spatio-temporel et culturel. Les exemples les plus communs sont la situation géographique, l’appartenance patriotique ou encore le partage d’une culture commune. Encore aujourd’hui ses valeurs partagés sont extrêmement influentes dans notre comportement au quotidien, pour beaucoup elles sont, inconsciemment ou pas, considérées comme la catégorisation identitaire principale. Même si elles peuvent constituer un facteur motivant elles restreignent cependant le champ emphatique et la capacité d’action pour venir en aide aux personnes différentes ou hors du cadre de proximité.
  • Une des expressions les plus représentatives de ce sentiment d’appartenance fort à une région géographique et/ou culture nationaliste est que la plupart des individus se retrouvent, « inconsciemment » ou pas, beaucoup plus affectés par un petit événement dans leur territoire que part un événement de taille plus significative en dehors de leur champ de proximité spatio-temporel.
  • Ainsi une tendance forte du financement participatif est de se concentrer sur un impact local ou justifier sa requête par l’implication dans une chaine de valeur nationale. Il existe bien des raisons à cela en passant par la plus évidente : la nature des projets. En effet, la grande diversité dans la nature des projets influe sur sa flexibilité territoriale. Ainsi il est possible d’observer plusieurs cas de figures, par exemple : un nombre considérable de petits projets de taille humaine portés par des individus seul ou en petit groupe vont avoir, après leurs campagnes réussies, qu’un impact local. Ainsi le tissu éco-associatif porteur d’un grand nombre de projets sur les plateformes de financement participatif sont souvent limités à des actions en faveurs d’un territoire ou d’une communauté locale.
  • Au sein de l’Europe il n’y a que très peu d’entraide entre les nations dans le financement participatif de projets/entreprises/individus et cela en prêt, en capital ou en don via des plateformes étrangères.
  • Seul des plateformes de dons ou de prêts pour des micros entrepreneurs (babyloan, kiva, ) le plus souvent transgressent pour l’instant les lois du territoire, pour injecter de l’argent à l’autre bout de monde. Nous le verrons dans la suite de l’article, cela s’explique par le développement d’une empathie qui dépasse les limites du territoire, un sentiment proche de la croyance religieuse ou du-moins humaniste.

Le territoire peut donc être un réel levier en terme d’utilisation du crowdfunding, il est cependant lié intrinsèquement à son impact et/la valorisation d’une communauté territoriale. De nos jours on peut cependant faire ressortir une tendance identitaire qui sort des cadres du territoire et été d’ailleurs le dernier thème du Ouishare festival 2014, à savoir « l’âge des communautés ». L’on voit peu à peu fleurir une considération identitaire nouvelle ou les communautés d’appartenances et de croyances influent de plus en plus notre construction identitaire, nos rapports sociaux et nos comportements de consommation. Cela s’applique bien évidement au financement participatif

(….) A Suivre.