C’est la question investigué lors d’un weekend meetup à Toulouse intitulé : Workshop sur la gouvernance décentralisée.

Bienvenu au Tetalab, un Hackerspace ayant à cœur de (re)présenter la culture hacker sous un angle plus honnête et plus en accord avec une réelle philosophie égalitariste : réappropriation des outils technologiques, DIY, logiciels et matériel libres, partage et transmission des connaissances.

‘’PG’’ au TETALAB

Le Tetalab est hébergé au MixArt Myris, un collectif d’artistes autogéré historique qui depuis 1995 s’inscrit comme un ovni du paysage culturel Toulousain.

  

Les bases sont posés, 48h de créations autour de la plateforme Ethereum. Gouvernance, démocratie et Organisations Autonomes Décentralisées y ont été abordés au travers des technologies EthereumBitcoin, Solidity, IPFS, et Whisper.

Beaucoup de perspectives sur les possibles d’un futur décentralisé et même distribué, car la technologie le permet. Encore faut-il se donner les moyens de la comprendre car aujourd’hui ce sont les geek qui sont les seuls à s’exalter sur ce système. Le grand public en France n’a pas encore conscience des possibilités qu’offre cette technologie et pour cause : le code y est omni présent !

Même si certains prônent une difficulté moindre par un astucieux copier-coder, il faut tout de même être pour l’instant féru d’ordinateur et avoir des petites notions sur le Bitcoin et la crypto-monnaie. C’est le cas de ‘’Slashbin Slashnoname’’ co-organisateur de ce meet up qui sous ce pseudo affirme son sentiment d’appartenance plus proche de la bitcoin nation qu’a la France. Un pirate faisant partie des « Early adopters » du Bitcoin, la crytomonnaie restant encore peu légitime, il accepte la qualification de cyberpunk.

Très enthousiastes sur les perspectives sociales rendues possibles par le Bitcoin, la Blockchain et Ethereum les participants ne sont pas pour autant dupes. Entre consultants, développeurs et simples passionnés ils sont les tailleurs d’un cyberdiamant brut et participent à l’émulation à l’émergence de ces nouveaux réseaux, lors de weekend comme c’est le cas ici gratuitement. Ne rechignant pas à vulgariser leurs propos à un « Noob » du code pour transposer les révolutions que pourraient engendrer l’utilisation de ces systèmes. D’un autre coté ils ne semblent pas fermés sur les propositions de travail qui commencent à arriver de la part les grandes banques où d’autres grandes institutions qui veulent se saisir de cette technologie. « Car il est vrai la technologie blockchain permet théoriquement de réaliser tout type de transactions (achat, prêt…) pour trois fois moins cher. Elle repose en effet sur un réseau sans organe central de contrôle, donc sans les frais d’infrastructure et d’administration associés. »[i]

La blockchain

La technologie Blockchain, comprenez l’utilisation d’une base de données distribuée qui gère une liste d’enregistrements protégés contre la falsification ou la modification par les nœuds de stockage (Arbre de Merkle). À proprement parler, cet historique décentralisé des transactions effectuées permet à la confiance de s’établir sans contestation et avec une vérification des échanges à tout moment possible.[ii]

Mais il faut dire qu’accepter la double casquette de ‘’Cyberpunk’’ et travailler pour des banques peut se faire en toute sincérité. Ils ne s’en cachent pas et l’intérêt personnel prime pour l’instant : enfants à nourrir, projets perso et même pour certain un temps interdit bancaire, voir les banques toquer maintenant à leurs portes c’est une belle revanche. Mais aussi car le sentiment profond que la vague technologique révolutionnaire est si forte qu’elle va s’imposer d’elle-même contre les vieux modèles habituels, faire déchanter les grandes institutions, pour laisser place à une meilleure répartition du pouvoir et des richesses.

D’ailleurs il n’y a qu’à lire le rapport fintech 2020 pour comprendre de quels enjeux immédiat nous parlons rien qu’au niveau de la première vague que cette technologie emporte : celle du monde bancaire et financier.

On n’arrête pas le progrès  n’est-ce pas ? Mais de quel progrès parle-t-on ?

En tous cas dans la course il va falloir prendre en compte un nouvel acteur : Ethereum. Cette organisation à but bon lucrative, fonctionnant en open source et développé par Vitalik Buterin un jeune homme née en 1994 ! D’origine russe et résidant au Canada, il a créé cette machine virtuelle qui permet d’établir des ‘smart contracts’ utilise une cryto monnaie l’Ether comme gaz.

Pour entrevoir les perspectives de ce que Ethereum peut permettre reprenons dans un premier temps la tentative de définition de Nicolas Loubet lors des conférences à ce sujet récemment organisé à Paris par l’association Blockchain France : « ethereum c’est peut-être le seul l’unique le vraie ordinateur global qui nous appartiens tous et qui permet d’exécuter sur une base décentraliser à peu près tout et n’importe quoi »

 

Alors est-ce la naissance d’un nouvel outil qui va permettre de gérer à l’avenir les biens communs ? Dans cette ère connectée, sécurisé, distribué, transparente toute personne peut aujourd’hui créer ses propres contrats sur un ordinateur global. Qui va s’en emparer ? Que va changer le fait qu’un individu puisse être sa banque, d’établir ses propres réseaux de distributions, jusqu’à l’émission de sa monnaie et donc finalement d’échanger sa confiance comme il l’entend.

Y voyez-vous plus clair ? Alors imaginez :

« Comptables, Notaires, Banquiers, Juristes, Politiques réunis dans la rue, manifestants en costumes cravates. La colère monte face à la perte progressive mais rapide de leurs emplois. Protestants contre qui ? Personne vraiment. Plutôt contre une technologie, à l’instar des taxis traditionnels contre Uber. Essayant de faire valoir l’Investissement onéreux qu’ont représentés leurs études, qui plus et même souvent longues. Tout cela à cause de qui, de quoi ? Du développement de la technologie issue des systèmes communément appelés Blockchain, moins couteuse, plus efficace, décentralisée et distribuée. Oui, les vieux modèles semblent obsolètes. »[iii] 

Dans cet univers pour l’instant résolument Geek et financier il y a peu de femmes qui aujourd’hui s’emparent du sujet sauf justement du côté de Blockchain France où la co-fondatrice de cette association a réussie à mettre en perspective l’intégration de la technologie Blockchain dans notre système actuel. Selon ses dires « On a tendance à sur estimer les avancés à court terme issus de cette nouvelle technologie mais également à sous-estimer les évolutions au long terme ! »[iv] Où encore Susanne Tarkowski Tempelhof Fondatrice de la BITNATION : la gouvernance 2.0 qui s’est vue attribué un portrait de trois pages dans le très bon magazine Usbek & Rica.

Ainsi la deuxième vague devrait toucher des aspects plus culturels comme la culture, le transport et l’éducation dans 5 ans environs même si il existe déjà plusieurs précurseurs en la matière.

Prenons l’exemple de la musique la chanteuse auteur compositrice anglaise : Imogen Heap qui promeut lors de cette conférence (37’) : Ethereum pourquoi ? Car elle est la première artiste à avoir sortie un morceau ‘Tiny Human’ en octobre dernier sous Ujo une plateforme musicale peer to peer utilisant pour la distribution la blockchain Ethereum[v][vi]. Une solution en somme pour les musiciens qui grognent contre les pauvres royalties issues des plateformes de streaming. Les ‘small contracts’ peuvent aussi permettre d’acheter seulement une piste instrumentale pour en faire par exemple des remixs. Futur des droits et de la distribution de la musique ?!

Enfin la derrière vague démocratique, touchant au cœur même des institutions et des organisations devrait elle ne s’appliquer que dans une dizaine d’année, le temps que les interfaces soient ultra accessibles, que de nombreuses petites expériences ce soient avérées concluantes et que les modèles soient acceptés par tous. Alors seulement des applications pratiques des propos développés dans ce dernier weekend de Janvier 2016 devraient voir le jour ce qui rendrait en théorie possible par exemple l’application de la démocratie liquide. Alors, rendez-vous en 2026. En attendant pour prédire l’avenir il y a Augur

 

Maxime

ps: Achetez vos Ether car les prix s’emballent !

[i] En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/09/30/la-revolution-blockchain-legs-du-bitcoin-en-version-seduction_4778603_3234.html#4UJ3MSQ7A3wcdHBL.99

[ii] Merci Wiki

[iii] Essai réalisé à propos des scénarios imaginatifs lors d’échanges au worshop du Tetalab, notamment ceux de PG

[iv] Issue d’un Entretien Téléphonique

[v] http://futurism.com/imogen-heap-releases-on-the-ethereum-blockchain/

[vi] http://blogs.wsj.com/cio/2016/02/02/blockchain-catalyst-for-massive-change-across-industries/

Et pour aller plus loin :
les échos :
http://business.lesechos.fr/directions-numeriques/technologie/open-source/021648126173-la-blockchain-aussi-revolutionnaire-que-le-web-206635.php#xtor=CS1-2